Articles

DANSE - AMOUR-S - Rencontres chorégraphiques innternationales de Seine Saint Denis - 4 juin 2019

Image
Avec Radhouane el Meddeb, il y a des regards, des silences, de l’immobilité.  Ce corpus d’attitudes et d’intentions me font penser à l’esthétique du cinéma tunisien où les gros plans insistants sur les visages semblent transmettre des non-dits, autant qu’à celle du théâtre où les arrêts des acteurs sur la scène se voulant signifiants m’ont parfois surprise. Une fidélité à ses origines ou une écriture qui s’est imposé à lui ?   Peu importe mais dès l’apparition progressive de la lumière sur le plateau on sait que l’intime va tenter d‘exister sous nos yeux. Un piano est là, presqu’au centre de l’espace, le pianiste s’installe et les notes d’une mélodie douce de fin de soirée créent le décor d’AMO UR-S, avec un S car trois visions de l’amour émergées de souvenirs personnels vont accrocher nos regards sinon nos cœurs. William Delahaye d’abord qui après un long regard au pianiste laisse vivre ses bras, portés par un corps aux allures presqu’empruntées. Il se...

DANSE - We Are Monchichi - Théâtre de la Ville - 5 au 10 mars 2019

Image
L’humour au service de la raison…   En général je n’aime pas les spectacles pour enfants. Je n’arrive pas à savoir à quel enfant on s’adresse et souvent je ne comprends pas ce qu’on sollicite en lui : le sens du beau, l’étonnement, la fantaisie, l’imagination… Parfois la démarche de l’artiste s’arrête à lui plaire ou bêtement à lui apprendre, à démontrer, etc. II est rare que simplement le partage de l’amour du geste ou du mouvement soit au cœur de la création. Et pourtant, j’ai la faiblesse de penser que l’envie de partager est la clé de la réussite d’un spectacle pour enfant  …   Alors me voilà cet après - midi face à WAM - We Are Monchichi. Mon regard est neuf car je n’avais pas vu « mon chichi » à la création dansé par Honji Wang et Sébastien Ramirez et mon esprit est disponible, la représentation a lieu à 15h… Un bonheur m’envahit. Sur le plateau, c’est simple, gai et dès les « good after noon » et « salam Aleïk...

DANSE « Pour sortir au jour » Olivier Dubois - Festival Les Singuliers - le 104 - 21 - 26 janvier 2019

Image
LUI - Olivier Dubois  Donner à voir au public le métier d’interprète dans sa complexité est le challenge que s’est fixé Olivier Dubois avec son spectacle solo "Pour sortir au jour". Et c’est à un drôle de jeu qu’il nous convoque. Dans un dispositif qui fait penser à un ring il va jouer, livrer bataille mais surtout se livrer pendant 1h30. Les spectateurs du 104 dont le nombre est limités à 120 sont installés sur trois côtés, en fond de scène trois chaises dont on se doute qu’elles vont accueillir l’un ou l’autre de nous et le bureau d’Olivier D avec son ordinateur, mais aussi une flute à champagne et la bouteille qui va avec. C’est simple, la proximité est réelle. Toujours un peu excessif, lui fanfaronne avec bienveillance, nous parle, se moque, joue un jeu qui rappelle les bateleurs de foire. Son costume acheté au Caire scintille sur ce corps dont on sait qu’il porte aussi un pan de l’histoire de la danse de ces dernières années. 46 ans, danseurs depuis toujours,...

DANSE - Training- Festival Faits d'Hiver, Le carreau du temple - 23 et 24 janvier 2019

Image
Marion Lévy - Training Il y a des moments dans la vie où l’on franchit la ligne d’arrivée, où l’on sent qu’un parcours s’achève dont on ne savait pas toujours au départ de quoi il serait fait. La sensation d’être arrivée s’impose à nous, parfois très nette, heureuse ou douloureuse suivant la nature du chemin parcouru. Marion Lévy est sans doute confrontée à cet instant pour refaire avec nous dans Training un parcours à la façon d’un sportif qui regarde les images de ses courses :   se rassurer, se dire « oui, c’était bien çà ma vie », retrouver ce qui a pu animer notre passion et dompter nos désillusions… Nous prend - elle à témoin d’un aveu, ou cherche – t - elle à nous faire part d'une identité qui serait sienne ?   Car le Training qu’elle nous propose est bien cette course d’obstacles divers et pervers à laquelle la femme (et la danseuse) s'est livrée et se livre encore abruptement n’éludant rien des bizarreries que la vie lui a concocté. Les ...

DANSE - Dancing Dance for me - festival ZOA - L'étoile du Nord - 3O octobre 2018

Image
Dancing Dance for me - Sun-A Lee S un - A - Lee est danseuse mais aussi comédienne , le projet qu’elle poursuit avec Dancing Dance for me, en témoigne car dur ant 40 minutes cinéma et danse vont se rapprocher à la recherche d’une nouvelle forme d’expression ; son corps et la danse servant de médiateurs. La première séquence est parlante. Sun - A Lee arrive sur scène sac à dos, tapis, portable, tenue d’échauffement et installe sur le plateau l’atmosphère que tout danseur connait bien où cohabitent exercices, musique, appels extérieurs et lassitude. Elle est parfaite dans sa simplicité et efficace dans ce qu’elle nous dit d’elle : elle est danseuse. Sa présence est forte à travers un corps menu, souple à souhait mais empli d’une détermination à être là dans l’instant présent. Toute la recherche de son solo va passer par cette question : comment la femme que l’on voit à l’écran et la danseuse qu’elle est là devant nous sont en résonance ?   Son désir d'a...

CIRQUE - INSTABLE de Nicolas Fraiseau - Cie LES HOMMES PENCHÉS - Centre international des arts du spectacle - Académie Fratellini (Saint-Denis) La Plaine 93210 - 11 au 14 octobre 2018

Image
Dans le grand chapiteau circulaire de l’Académie Fratellini, un plateau rectangulaire au centre de la piste. Un plateau bancal aux planches mal jointes, des pneus lui servent de cales…. Des filins, des câbles, une barre métallique gisent abandonnés sur le sol. Un jeune homme entre, regarde, vérifie du bout du pieds cet espace inhospitalier ; il l'inspecte soucieux … À quel jeu se livre - t - il ?  Ce jeune homme, en recherche d’équilibre sur ce sol mal foutu, c’est Nicolas Fraiseau, artiste seul en scène qui, dans ce bric à brac, a l’air bien décidé à monter son agrès; visiblement un mat chinois. Mais tout tombe autour de lui et chaque tentative de soulever, élever, dresser se solde par un effondrement. Les éléments lui échappent comme les outils glissent des mains de l’apprenti. Peu à peu l’espace scénique ressemble plus à un bateau dans la tempête qu’à un lieu destiné à un exploit circassien…       Trouver son équilibre sur ce sol inconfo...

DANSE - Fausse couche - Printemps de la danse arabe à l’IMA – Festival JUNE EVENTS - Atelier de Paris le 19 juin 2018

Image
  La violence des sentiments    Lorsqu’on connait les orientations esthétiques et artistiques du festival June évent et les caractéristiques de la création chorégraphique tunisienne voir le nom de Nejib Khalfallah dans la programmation provoque un certain étonnement. Non pas que cet artiste n’ait pas sa place dans un festival de danse contemporaine mais plutôt à cause du décalage important qui risque d’exister entre sa proposition et les e ssais chorégraphiques qui vont être donnés pendant un mois.   June évent fait partie intégrante de la programmation du CDCN - Atelier de Paris dont les objectifs sont d’aller chercher et d’accompagner des artistes aux projets « personnels », souvent audacieux (que l’on aime ou pas) et dont le travail relève principalement de la performance. La création chorégraphique tunisienne affiche elle aussi certains critères mais bien différents comme :   la force du groupe...